Les anciens Neuvillois, et à plus forte raison les nouveaux habitants de Neuville sur Oise, connaissent-ils bien leur village ? Beaucoup d'entre eux seraient sûrement en difficulté si on leur demandait l'origine du nom des rues. C'est pourquoi il a semblé utile pour tous d'apporter (ou d'essayer d'apporter) une réponse à ces questions.
Il y a à Neuville un certain nombre de rues dont les noms parlent d'eux-mêmes et ne nécessitent donc pas de commentaires. Il en est ainsi des rues de Cergy, d'Eragny, de Conflans, du Pont, des Etangs, de Fin d'Oise, des Beaux Soleils ou du cimetière.
En revanche, quelques rues portent des noms provenant manifestement de lieux-dits locaux et anciens. L'origine de ces noms est mal définie. C'est le cas des rues des Dagnaudes, des Moulines. Si certains lecteurs de ces lignes peuvent donner leur interprétation ou leurs informations, qu'ils n'hésitent pas à le faire ; je leur en serais reconnaissant.
Prenons maintenant, en suivant un ordre alphabétique les noms des autres rues de Neuville sur Oise.

 

Rue de l'ambassadeurUne remarque préliminaire : il faut dire rue de l'Ambassadeur et non rue des Ambassadeurs, comme on l'entend dire souvent. Voici pourquoi. La personne ainsi dénommée est le Comte de MERCY d'ARGENTEAU qui fut propriétaire du Château de Neuville de 1775 à la Révolution (1791). Il fut l'Ambassadeur d'Autriche en France, ayant été l'homme de confiance de l'Impératrice d'Autriche Marie-Thérèse. C'est à ce titre qu'il joua un rôle important dans le mariage de Marie-Antoinette, fille de Marie-Thérèse, avec le Roi Louis XVI. Il accompagna Marie-Antoinette à Versailles où il resta comme Ambassadeur d'Autriche auprès du Roi de France. Pendant ses séjours Neuvillois, l'Ambassadeur se déplaçait beaucoup entre divers pôles d'attraction ; la Duchesse de Polignac, amie et dame d'honneur de Marie-Antoinette, résidait au Château de Glatigny-Maurecourt (détruit pendant la Révolution) et y recevait souvent la visite de l'Ambassadeur. Ce dernier se rendait également au Château de Vauréal pour visiter la famille princière de Bourbon Conti. Enfin, le Comte-Ambassadeur était très attiré par un petit château situé à Chennevières : il y rencontrait régulièrement une cantatrice et actrice Rosalie Levasseur qui, vous le pensez bien, ne se contentait pas de prodiguer au Comte des chants ou des extraits de pièces théâtrales... Il s'agissait de toute autre chose. Les habitants de la région gardèrent un souvenir amusé des allées et venues du Comte-Ambassadeur qui parcourait toujours le même chemin de Neuville à Chennevières, chemin qui devint ainsi la rue de l'Ambassadeur.
Pour être tout à fait honnête avec la mémoire du Comte, il faut dire que ce dernier utilisait aussi ce même trajet pour se rendre à la Cour de Versailles où ses fonctions, officielles cette fois, l'appelaient.

 

Rue BailletL'origine de ce nom réside dans celui d'un propriétaire de terres et maisons sises dans ce qui devint, par la suite la rue Baillet. Ce monsieur Baillet n'a laissé aucun souvenir précis.

 

 

 

 

Chemin des batesOrigine en cours d'identification

 

 

 

 

 

Chemin des cayennesOrigine en cours d'identification

 

 

 

 

 

Boulevard CondorcetPhilosophe, mathématicien et homme politique français, Jean-Antoine-Nicolas Caritat, marquis de Condorcet est né à Ribemont dans l'Aisne le 17 septembre 1743.

De 1765 à 1774, s'étend la période purement scientifique de sa vie. C'est au cours de cette période qu'il est élu, le 25 février 1769, à l'Académie royale des sciences.

En 1774, Condorcet fait son entrée dans la controverse philosophique avec Lettres d'un théologien à l'auteur du Dictionnaire des trois siècles. Cette année-là, il est nommé inspecteur général des Monnaies dans l'Aisne par Turgot, nouveau contrôleur général des Finances, dont il soutient activement la politique. En 1776, il est élu secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, et en 1782 à l'Académie française. Dans les années qui vont suivre, le mathématicien et académicien va se consacrer de plus en plus à une activité militante: défense des droits de l'homme en général, des droits des femmes et des Noirs en particulier. Il soutient la cause des jeunes États-Unis d'Amérique et propose des projets de réformes politiques, administratives et économiques destinées à transformer la société française.

A l'annonce de la convocation des états généraux, 1789, l'activité politique de Condorcet devient intense. En 1790 il fonde avec Sieyès la "Société de 1789" et dirige le Journal de la Société de 1789, la Bibliothèque de l'homme public (1790-1792), la Chronique de Paris (1792-1793), le Journal d'instruction sociale (1793). En 1791, il est élu à l'Assemblée législative et en 1792 à la Convention.

Décrété d'accusation le 3 octobre 1793 pour avoir osé critiquer le projet de Constitution présenté par Hérault de Séchelles, il se cache pendant cinq mois dans la maison de Mme Vernet, rue Servandoni, à Paris. C'est là qu'il travaille à un Tableau historique des progrès de l'esprit humain. Il achève la première version de ce qui constitue l'Esquisse en octobre.

Le 25 mars 1794 Condorcet quitte son refuge. Le 27, il est arrêté à Clamart. Le 28 (29?), on le trouve mort dans la prison de Bourg-l'Égalité (Bourg-la-Reine).

Rue CornudetLa famille CORNUDET des CHAUMETTES a acheté le Château de Neuville au Baron PULLY en 1822. Jusqu'en 1869, année de l'érection de Neuville en Commune, le Vicomte Emile Cornudet fut Maire d'Eragny. Son fils, Alfred, fut le premier Maire de Neuville jusqu'en 1376. Puis, à partir de 1888, le fils de ce dernier, le Comte Joseph Cornudet, fut à son tour Maire de Neuville jusqu'en 1938.
Ce fut particulièrement sous l'impulsion et avec l'aide de ces 3 Comtes Cornudet que la Commune de Neuville se développa et prit peu à peu la silhouette que nous lui connaissons aujourd'hui : création du premier égout ; création en 1896 d'un lavoir situé à Jouy pour remplacer celui utilisé par les Neuvillois à Eragny ; remplacement du bac par un pont à péage en 1830 (il fut détruit en 1870 et reconstruit à l'identique) puis en 1880 suppression du péage par rachat du pont par la Commune ; réfection des chaussées et trottoirs ; construction de l'église de Neuville en 1863. Une importante participation financière de la famille Cornudet fut très utile pour la construction de l'église et le rachat du Pont.
La tradition des Cornudet, Maires de Neuville, se poursuivit après guerre puisque Madame Cornudet Saint-Chamans, fille du Comte Joseph devint à son tour Maire de 1945 à 1953.

Chemin des DagnaudesOrigine en cours d'identification

 

 

 

 

 

Allée de la ForgeOrigine en cours d'identification

 

 

 

 

 

Mail Gay LussacOrigine en cours d'identification

 

 

 

 

 

Allée du gingletDurant des siècles la vigne a été une des principales richesses de la région. Le nombre de viticulteurs que comptait la paroisse à la fin du XVIIIè siècle représentait un actif sur deux. La vigne apparut à Neuville et alentours à la fin du XIè siècle et donnait un vin de qualité nommé le Ginglet. Avant que la terre de Cergy ne soit recouverte de bitume et de béton (2162 habitants en 1968, 37000 en 1987), celle-ci était la plus importante productrice de vin de l'Ile de France non seulement en quantité mais également en qualité. Le Ginglet est une tradition locale qui continue à vivre et remplir les verres certains jours de fêtes, comme à la magnifique Foire Saint Martin de Pontoise. Une radio locale bien connue, RGB, est l'abbréviation de Regroupement Ginglet - la Boucle, fusion de deux radios en 1983.

 

 

Rue Sébastien de la GrangeIssue de la bourgeoisie de Pontoise, remontant au XVe siècle, la famille de La Grange fut propriétaire du Château de Neuville rendant deux cents ans, jusqu'en 1775. Pendant cette longue période, les divers membres de cette famille aménagèrent et agrandirent le château et son parc. L'un des de La Grange fut l'Abbé Sébastien de La Grange, qui fut au XVIIe siècle Aumônier du Roi, Chanoine de la Sainte Chapelle ; il décéda en 1637, ayant laissé un testament daté de 1636 qui prévoyait la construction d'une nouvelle chapelle au château où il devait être inhumé (ce qui fut fait) ainsi qu'une donation pour l'instruction "des enfants pauvres de Neuville et de Ham" et pour un chapelain qui devait dire, chaque jour dans cet oratoire, une messe à l'intention de l'Abbé Sébastien de La Grange. Cette chapelle fut placée sous le Vocable de la Sainte Trinité, qui est devenue depuis ce temps-là la fête patronale de la Commune de Neuville.
Ces dispositions testamentaires furent respectées jusqu'en 1793, année où le nouveau propriétaire (le Baron Pully) fit disparaître le testament et la fondation.
Ce n'est qu'en 1825 qu'un décret épiscopal remit en vigueur et adapta les clauses testamentaires de l'Abbé de La Grange en prescrivant 100 messes par an. Le Baron Pully, responsable de la disparition du testament, se refusant à tout règlement de l'arriéré de la donation, ce fut le Comte Cornudet qui s'en chargea et ce fut l'Abbé Legrand qui, par ses tractations, obtint que ce règlement revint en totalité à la Paroisse de Neuville.

 

Rue des grouettesCe nom est d'origine agricole : on désigne par GROU ou GROUETTE un terrain habituellement caillouteux, très propice à la culture de la vigne. Il se trouve en effet que non loin de l'actuelle rue des Grouettes figuraient, sur d'anciens plans du hameau de Neuville datant des XVIe ou XVIIe siècles, d'importantes vignes situées principalement entre l'actuelle rue Cornudet et l'Oise.
Il faut noter que dans plusieurs villages, dans les environs de Pontoise, région jadis très vinicole, on trouve des rues des Grouettes.

 

 

Rue Maurice JourdainOrigine en cours d'identification

 

 

 

 

 

Rue l'abbé LegrandEn 1860 l'Abbé Legrand était Curé d'Eragny et avait en charge le hameau de Neuville. Afin de créer un lieu de culte plus accessible que l'église d'Eragny pour les habitants de ce hameau, il entreprit la construction d'une église. Une commission de 6 membres, présidée par le Comte Cornudet, Maire d'Eragny, se chargea de rassembler les fonds nécessaires par une souscription qui fut complétée par le concours personnel du Comte Cornudet. Un décret impérial du 3 février 1864 confirme la création de la Paroisse de Neuville.
La bénédiction de la cloche eu lieu le 14 juin 1863 et l'inauguration le 18 juin 1863. Neuville, devenue Paroisse, un cimetière fut ouvert, le 24 mai 1864.
L'Abbé Legrand, très attaché à la nouvelle paroisse, fit construire, en 1865, de ses deniers, un presbytère qu'il légua à sa mort à la Commune en 1875. Son attachement à Neuville et aux Neuvillois, et son action pastorale et sociale furent tels qu'il dut subir des démêlés et des rancunes provenant des habitants d'Eragny, son ancienne Paroisse.
Par les nombreux bienfaits apportés à la Paroisse, puis à la Commune de Neuville, l'Abbé Legrand méritait d'être honoré par une rue portant son nom.

 

Rue MaximeOrigine en cours d'identification

 

 

 

 

 

Rue des moulinesOrigine en cours d'identification

 

 

 

 

 

Rue du paillotUn paillot est une petite paillasse qu’on met dans le lit d’un enfant.

 

 

 

 

 

Chemin de la princesseCette voie réunissait aux XVIe et XVIIe siècles le Château de Vauréal (propriété des Bourbon Condé) à Franconville, sur la route de Paris. On peut également penser que cette voie permettait aussi de rejoindre le Château de l'Isle Adam, propriété d'Armand de Bourbon Condé, Prince de Conti (frère du Grand Condé).
Le Château de l'Isle Adam fut incendié le 1er juillet 1669, puis restauré par sa femme, nièce de Mazarin. C'est la petite-fille d'Armand de Bourbon Condé, la Princesse Louise Adélaïde qui a acheté le château et la baronnie de Vauréal et qui a aménagé la voie Vauréal - Franconville, en laissant le souvenir de son titre aux traversées de Ham et de Neuville.

 

 

Rue SavaryMademoiselle Savary fut la dévouée servante de l'Abbé Legrand. Elle joignit son action à celle de l'Abbé pour le développement de Neuville.
Mademoiselle Savary effectua des dons importants : en particulier dons pour l'admission des malades pauvres à l'hospice de Pontoise et création d'une école de filles à Neuville.
Elle fut la légataire de l'Abbé Legrand à sa mort. Le testament de ce dernier précisait qu'à la disparition de Mademoiselle Savary tout l'héritage reviendrait à la Commune de Neuville : Presbytère et école de filles en particulier.

 

 

Chemin des talmousesOrigine en cours d'identification

 

 

 

 

 

Sente des tremblesPeuplier de l'Europe occidentale, aux feuilles agitées par le moindre vent, dont le bois, blanc et tendre, est utilisé en menuiserie et peut fournir de la pâte à papier.

 

 

 

 

 

Rue des vernadesOrigine en cours d'identification